Quels sont les effets des étirements ?

Ce que les étirements ne font pas…

« C’est parce que je ne m’étire pas assez » « je sais que je devrais m’étirer plus souvent », oui mais… pourquoi ? Ces phrases, je les entends souvent en consultation. Certains patients pensent sans doute que leur douleur ne serait pas apparue, ou partie plus vite, s’ils s’étiraient. Mais quels sont les effets des étirements ? Pour démêler le vrai du faux, commençons par jeter un œil dans la littérature pour comprendre ce que les étirements ne font pas. Vous trouverez, en fin d’article, une petite note sur ce que ça fait, et comment ça fonctionne. Bonne lecture :

1.Courbatures, muscles et blessure :

Les étirements ne permettent pas d’éviter les courbatures avant ou après le sport. Ils ne les font pas partir plus vite non plus (Herbert et al, 2011).

Les étirements ne préviennent pas l’apparition de contractures (c’est-à-dire que faire beaucoup d’étirement ne vous prédispose pas à avoir moins de contractures que les autres) (Harvey et al, 2017). Mais d’ailleurs, une contracture, ça existe vraiment ? C’est quoi ? On parlera de ce sujet une autre fois !

Les étirements ne diminuent pas le risque de blessure (Baxter et al, 2017). Mais un bon sommeil oui ! On en parle juste ici.

2. Gagner en souplesse

Les étirements ne sont pas le seul moyen de gagner en mobilité/souplesse/flexibilité. Eh non… l’exercice musculaire permet aussi d’améliorer sa mobilité ! Ils augmenteraient la souplesse en augmentant la synthèse de collagène intra musculaire qui, lui, joue sur la souplesse des tissus (Crameri et al, 2004 ; Heinemeier et al, 2007). D’ailleurs, les compléments en collagène ne sont pas assimilés comme on le pense et ne génèrent pas tant de bénéfice (voir pas du tout). Cet article rédigé par des confrères (et sourcé), vous en dira davantage.

Les étirements ne modifient pas la structure musculaire et/ou tendineuse à long terme (même répétés tous les jours) (Freitas et al, 2018 ; Takeuchi et al, 2023).

3. Mais alors, à quoi ça sert ?

Les étirements permettent bien de gagner en souplesse/mobilité. Mais pas par les mécanismes auxquels on pense. Ils permettent d’améliorer la souplesse en modulant le seuil de la douleur (potentiellement lié à la mécanosensibilité du nerf selon les dernières théories). En reculant ce seuil, la douleur apparaît plus tard, et nous, on peut tirer plus loin (Weppler & Magnusson, 2010 ; Freitas et al, 2018 ). S’étirer régulièrement permet de conserver, voir faire évoluer cette sensibilité.

L’étirement a aussi une composante antalgique (Konrad et al, 2025). Donc pour faire simple, ça fait du bien !

Pour en savoir plus, vous pouvez consulter le blog de kinéfact.

Ou si vous parlez anglais, vous pouvez lire le billet de Paul Ingraham « Quite a stretch ».

En conclusion : étirez-vous si cela vous fait du bien et si vous aimez ça. Etirez-vous si vous avez besoin, ou envie, d’augmenter votre mobilité. Gardez à l’esprit que si vous n’aimez pas ça, vous pouvez aussi augmenter votre souplesse tissulaire avec des exercices. Si vous avez une douleur, vous étirer peut contribuer à l’apaiser. Mais ce n’est qu’un outil parmi tant d’autre !

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