Selles sans arçon : bonne ou mauvaise idée ?

La majorité des selles sont constituées d’un arçon plus ou moins rigide à l’intérieur. Cette structure a pour but de mieux répartir le poids du cavalier sur le dos du cheval (Clayton & MacKechnie-Guire, 2022). Néanmoins, adapter un élément rigide ou semi-rigide à deux êtres vivants en mouvement est un challenge. Une adaptation réussie est conditionnée par :

  • Le choix de la bonne taille et forme d’arcade
  • Le choix de la bonne taille, forme et courbure de l’arçon
  • Le choix de la matière qui permet au couple de fonctionner (bois, carbone, composite…)

Autant de critères qui font de l’adaptation du matériel au cheval une discipline à part entière. Pour tenter de pallier à ce problème, des marques ont développé des selles sans arçon. Des selles sans structure rigide, dont la qualité principale vantée est de pouvoir convenir à tous les chevaux.

On trouve sur le marché différents modèles, avec ou sans panneaux, avec ou sans gouttière, de différentes formes et différents poids.

Plusieurs auteurs se sont penchés sur le sujet et ont comparé des selles avec arçon avec des selles sans arçon afin de voir si chacune remplissait ses promesses et si la selle sans arçon est vraiment une bonne idée :

  • La selle traditionnelle répartit-elle mieux le poids du cavalier qu’une selle sans arçon (lorsqu’elle est à la bonne taille) ?
  • La selle sans arçon répartit-elle aussi bien le poids du ou de la cavalière qu’une selle traditionnelle et ce, sur tous les chevaux ?

Tendance générale

Dans les différentes études, les résultats convergent tous plus ou moins vers les mêmes résultats :

Les selles sans arçon répartissent moins bien les pressions comparativement à une selle avec arçon (comparaison pour un même cheval, avec un.e même cavalier.e) (Latif et al, 2010 ; Belock et al, 2012 ; Clayton et al, 2014).

A noter, une étude sur des chevaux Islandais trouve que la selle sans arçon répartit moins bien les pressions, cependant les mesures indiquent que les pressions sont plutôt moins élevées sous la selle sans arçon. Dans cette étude, il est assez flagrant que les selles avec arçon n’avaient pas un fit optimal. On pourrait en conclure, sans en faire une vérité générale, qu’une selle sans arçon peut être plus confortable pour le cheval qu’une selle avec arçon inadaptée. Cette même étude a comparé la qualité des allures et ne relevait pas de différence significative d’une selle à l’autre (Ramseier et al, 2013).

Surface de contact

Certaines études trouvent une surface de contact moins importante sous la selle sans arçon (Belock et al, 2012), et d’autres ne trouvent pas de différence (Ramseier et al, 2013 ; Clayton et al, 2014). Cela pourrait être attribué à la conformation de la selle, une selle sans arçon pourvue de panneaux (ou en fonction de la forme, de l’épaisseur de ceux-ci) pourraient répartir la pression sur une surface de contact équivalente à une selle traditionnelle.

Répartition de la pression

Les études comparant les selles trouvent que les selles sans arçons répartissent moins bien la pression. On trouve des résultats qui indiquent des pressions davantage concentrées sous l’assise du cavalier (Belock et al, 2012), ou plus vers le garrot (Ramseier et al, 2013). Ou encore des localisations qui dépendent de l’allure (Latif et al, 2010). Ces variations sont probablement dues au choix de comparer des selles avec ou sans étriers. Les études qui ont utilisées des selles sans arçon mais pourvues d’étriers indiquaient plutôt des pressions concentrées à proximité du garrot en fonction de la position du cavalier (Latif et al, 2010).

Pics de pression

De nouveaux les résultats restent assez unanimes et lorsqu’un seuil maximal de pression est décidé (11 kPa) celui-ci est bien plus régulièrement dépassé sous une selle sans arçon qu’une selle traditionnelle (Belock et al, 2012). Quand bien même les forces moyennes mesurées sont, elles, parfois similaires.

Biais à retenir

Les études menées n’ont pu comparer que certains types de selle sans arçon, et le plus souvent les tests n’ont été effectués qu’à une seule allure et en ligne droite (et pas toujours aux deux mains). Ainsi donc, il est tout à fait permis de penser qu’une selle sans arçon pourrait rivaliser avec une selle avec arçon adaptée en termes de répartition de pression. Cependant, comme il n’est pas possible de connaitre tous les résultats avec toutes les selles existantes, et que, jusqu’à présent les études ne vont pas dans ce sens, je ne peux que vous encourager à rester critique.

Comment guider votre choix ?

A la lumière des résultats des études, et considérant les autres données que nous connaissons soit :

  • Les pressions sous la selle augmentent avec les allures (Fruehwirth et al, 2004 ; Clayton et al, 2014)
  • Les pressions sous la selle sont corrélées au poids du cavalier (De Cocq et al, 2006)

Je déconseillerai l’utilisation d’une selle sans arçon pour :

  • Une utilisation prolongée et/ou à allure élevées (trot, galop).
  • Une utilisation par un.e cavalier.e qui s’estime lourd.e pour sa monture.
  • Une utilisation sur un cheval qui présente un dos démusclé ou sensible/douloureux.
Ce n’est pas une bonne ni une mauvaise idée tant que l’on a pas étudié le cas d’un couple dans un contexte bien particulier !

Avec Stübben nous avons fait le choix d’un arçon en composite, à la fois solide et souple, pourvu d’un dynamisme qui permet une bonne transmission des informations entre le.a cavalier.e et son cheval. Nous misons sur ses capacités d’adaptation grâce à un large choix de taille d’arcade, de la plus étroite à la plus large (arcades modifiables à la presse, ou grâce au système TreeClix). Pour en savoir plus, cliquez ici.

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